Pourquoi continuer de préserver les paysages de Sutton ?

Pour un développement réfléchi

Le Regroupement favorise un développement économique réfléchi, structuré et durable. Or, le développement que prétend favoriser l’administration municipale actuelle n’a rien de durable, à l’exception des dommages irréversibles qu’entraînera inévitablement la mise en vigueur des règlements adoptés. Le développement ne sera durable et bénéfique que s’il préserve pour l’avenir un milieu naturel et des paysages qui font partie du patrimoine collectif. C’est maintenant qu’il faut prémunir Sutton contre le risque d’atteintes durables, comme celles subies par certains villages des Laurentides. Il faut construire certes, mais tout en préservant la beauté et l’intégrité des paysages exceptionnels de Sutton. Une fois qu’ils auront été parsemés de résidences hétéroclites, d’éclairages nocturnes et de chemins sujets à l’érosion, il sera trop tard.

 

Des manœuvres douteuses

À partir de l’avis publié le 22 juillet dernier, au cœur de l’été et durant le congé de la construction, des bénévoles inquiets des répercussions de cette refonte ont dû, en seulement huit jours, redoubler d’efforts pour mettre en place la procédure complexe liée à la tenue de registres afin de recueillir les signatures requises pour permettre aux électeurs de faire entendre leur voix. Il est maintenant primordial que tous soient sensibilisés à l’impact concret des dispositions déraisonnables qui ont été adoptées par le conseil municipal. Il est en effet devenu manifeste que des intérêts privés s’activent dans l’ombre pour tirer profit de la confusion et de la complexité juridique afin d’atteindre des objectifs préjudiciables à l’intérêt public.

 

Un stratagème à dénoncer

En réalité, la nouvelle réglementation constitue une « déréglementation » et c’est maintenant qu’il faut agir pour mettre Sutton à l’abri de dommages prévisibles. Au lieu de proposer ces changements de façon transparente dans le cadre de la révision quinquennale du Plan d’urbanisme de la ville possible en 2016, le conseil a plutôt tenté de modifier les règlements en douce et d’entretenir la confusion. Il a tenté, en somme, de noyer le poisson. L’administration du maire Dandenault s’est engagée, et a engagé la population, dans un processus de modification réglementaire opaque qui engendre un scénario de contestation citoyenne compliqué à l’excès. Le processus est évidemment dissuasif et carrément anti-démocratique et il doit être dénoncé.

 

Une rencontre secrète

Comme l’ont révélé deux articles de La Voix de l’Est les 23
et 28 juillet 2015
, le maire Louis Dandenault, accompagné des conseillers Kenneth Hill et John Hawley ainsi que de l’inspectrice municipale, a rencontré à l’automne 2014 une dizaine de personnes

(courtier immobilier, entrepreneur en excavation et construction, arpenteur-géomètre, promoteur immobilier, paysagiste… ) qui se sont plaintes de la réglementation d’urbanisme en vigueur.

 

Selon le reportage du 23 juillet, le maire a reconnu que Me Jean-François D’Amour, directeur général de la ville et greffier, n’avait pas participé à la rencontre et qu’il s’y était même opposé. À la suite de cette rencontre et sans plus d’études ou d’analyses et sans consultation, il a été décidé de procéder à une révision en profondeur des règlements de zonage et de lotissement.

 

À l’exception des représentants de la ville, la majorité des personnes présentes à cette réunion ont des intérêts pécuniaires évidents en matière de développement immobilier. En effet, ce que recherchent leurs clients, c’est justement de bénéficier de la beauté des paysages environnants. Ce qui importe alors, c’est moins la superficie de l’emplacement convoité que la perspective offerte sur le paysage. En d’autres mots, on veut une vue ! On veut voir le mont Pinacle, le lac Brome, les montagnes du Vermont ! Ironiquement, on veut voir des paysages préservés sans se soucier d’entacher, en ce faisant, un cadre naturel protégé, celui de sa propre municipalité.